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Bientôt la fin ou un nouveau départ?

 

Ce matin quand nous nous réveillons à Golinhac la température est relativement fraiche mais, par contre, le ciel est relativement bleu. Quand nous nous retrouvons pour le petit-déjeuner il règne une drôle d’ambiance. Nous sommes assis entre deux chaises, la joie d’avoir été au bout de notre projet mais aussi la tristesse de quitter le chemin. Même si les traits sont un peu tirés l’appétit est toujours là bien qu’il nous faille surveiller que chacun mange suffisamment pour reconstituer les réserves de l’organisme.

 

 

Quand les estomacs se sont remplis, quelques volontaires en font tout autant avec le camion que l’on gave de sacs de couchage et des sacs et valises de chacun. Assez rapidement toutes les affaires sont rangées et nos sacs journaliers arrimés sur les épaules. Nous prenons une porte latérale du camping qui nous évite de faire un détour durant lequel on descend puis on remonte immédiatement et nous nous retrouvons sur le plateau avec un soleil qui devient de plus en plus présent. La météo du jour s’annonce superbe et nous allons pouvoir profiter au maximum de notre dernier jour sur le chemin. Les paysages sont particulièrement vallonnés et nous trouvons une suite de montées et de descenteS pas très difficiles mais la répétition devient, pour certains, quelque peu fastidieuse. Nous passons devant le Soulié et nous nous engageons dans une descente assez raide qui nous conduit à Espeyrac après avoir emprunté un petit sentier qui forme un U au fond du val d’un petit ru chantonnant d’une pierre à l’autre une mélodie printanière. Nous entrons dans le bourg et nous faisons une pause sur la place de l’église à côté d’une fontaine.

 

 

 

 

Il arrive de faire des rencontres sur le chemin qui nous rapprochent de manière considérable. Très vite les cours sur la la lignée des espèces reviennent très vite à la mémoire et on réalise concrètement les liens qui peuvent exister entre des individus d'espèces différentes bien que la génétique les séparent… (lol)!

Nous repartons quelques vingt cinq minutes plus tard pour arriver à Sénergues, lieu prévu pour nos retrouvailles avec notre food-truck .

 

 

 

Quand nous atteignons le petit square à côté de l’église Joëlle, Mado et Christine ont dressé le buffet pour le repas de midi sur lequel nous pouvons trouver des carottes râpées, de la pizza et un flan au caramel comme dessert.

Quand nous quittons le square repus et fatigués nous délaissons Sénergues par un chemin qui monte brutalement mais pas très longtemps, cette montée n’est pas très longue mais surprend par son inclinaison et surtout par le fait que nous soyons en plein sur la digestion.

 

 

 

De plus en plus nous nous approchons du terme de notre chemin et nous profitons d’un sentier pour faire une marche silencieuse. Nous suggérons à chacun de réfléchir sur les choses vécues ces derniers jours, les rencontres réalisées au gré de notre pérégrination, nos B.A. mais aussi les « crasses » que nous avons pu faire à tel ou tel d’entre nous. Il est important également de penser à ceux que nous avons laissé à Narbonne ou ailleurs et qui auraient aimé faire la même expérience mais qui pour des tas de raisons n’ont pu se déplacer. Ce temps de réflexion va durer une vingtaine de minutes et chacun le vit pleinement, nous avons laissé la liberté à ceux qui ne voulaient pas s’intégrer à notre démarche de le faire en marchant en retrait du groupe, mais personne n’a bougé. Je pense que nous avons vécu un très beau moment. Au terme de ce moment nous nous retrouvons et ensemble nous chantons le chant des pèlerins qui dit que tout là bas, au bout de l’horizon le soleil meurt au Finistère et que toujours plus loin, toujours plus haut nous marcherons, nous, comme le font les pèlerins depuis des siècles et des siècles, ULTREÏA !

 

Nous nous approchons toujours plus de Conques et il fait de plus en plus chaud. Les visages prennent des couleurs nettement plus contrastées. Le soleil est haut encore dans le ciel et il ne semble pas vouloir se cacher derrière des nuages qui en fait n’existent pas.

A un moment donné un panneau nous indique Conques à une demi-heure mais le chemin plonge littéralement dans la pente et très vite le goudron laisse la place à de la terre et de gros cailloux qui s’entassent en rendant la descente parfois compliquée. Mais tout se passe bien pour tout le monde, certains doivent serrer les dents car des douleurs insidieuses viennent perturber la progression. Nous traversons une route et faisons une halte pour tous se regrouper quand nous voyons un jeune homme arriver à notre hauteur et, comme d’habitude, la conversation se lie et ce jeune homme de 22 ans nous raconte qu’il est parti de St Côme ce matin à 5h15 et qu’il arrive à Conques, il aura parcouru 60 km dans la journée ce que nous avons fait en trois fois. Nous faisons une photo et nous lui souhaitons bon chemin et surtout bon courage pour arriver à Santiago.

 

 

 

Nous entrons vraiment dans le village de Conques qui est une merveille et nous nous rendons à la maison de vacances qui sera notre hébergement pour la dernière soirée.

 

 

 

 

Après un petit temps libre nous nous retrouvons à table dans le jardin pour partager le repas du soir, au soleil il fait encore très chaud.

Après le repas nous partons tous ensemble à l’abbatiale de Conques pour assister à l’office du soir des frères Prémontrés et la bénédiction des pèlerins. Le frère qui préside l’office a appelé trois personnes qui doivent venir prendre une créanciale car ils partent sur le chemin mais surtout il appelle un par un nos jeunes pèlerins qui viennent chercher une attestation plus ou moins officielle comme quoi ils ont marché sur le chemin. Après la surprise c’est l’émotion et parfois même un honneur qui les envahit, mais ce qui nous touche le plus c’est de voir des visages radieux, illuminés par le sourire et la joie du cœur qui déborde.

 

 

 

 

Quans l’office est fini, tout le monde se retrouve sur le parvis de l’église et frère Jean-Daniel nous raconte avec une faconde exceptionnelle l’histoire du tympan de Conques. Bien évidemment il a besoin à un moment d’une jeune personne pour jouer le rôle de Ste Foy et c’est dans « le groupe des jeunes pèlerins » qu’il la choisit. C’est à Jeanne qu’échoit le rôle demandé et elle participe aussi à la joie du groupe.

Quand les explications sont terminées nous remontons vers notre gîte et nous autorisons au groupe une petite veillée de 45 minutes pour célébrer la fin de notre chemin.

 

 

Nous sommes certains que ce qui a été vécu au cours de ces quelques jours fera mûrir le projet de repartir un jour pour aller plus loin, c’est vraiment tout le mal que nous leur souhaitons. OUI ! ils se sont mis en marche mais nous sommes convaincus qu’un jour l’un d’entre eux repartira et qu’il le fera pour lui mais également pour tous ses camarades qui avaient commencé un jour de mai 2015.


 

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