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Vendredi 16 Mai: le dernier jour de marche

Dans un premier temps je ne sais pas s’il en est de même pour vous mais j’ai constaté que l’article de Jeudi a été classé comme article plus ancien que celui de Mercredi, c’est en tout cas ce que j’ai constaté sur mon ordinateur. Vous voudrez bien nous excuser de ce petit incident.

Petit retour en arrière sur la soirée d’hier soir. Nous avons rencontré au camping de Golinhac, là où nous faisons notre halte un groupe de collégiens des Herbiers en Vendée qui est parti du Puy en Velay et qui termine, comme nous à Conques. Ils ont présenté leur projet et nos jeunes ont présenté le leur. Les échanges ont été très chaleureux et nous nous sommes quittés en souhaitant maintenir le contact par la suite.

 

 

 

Quand les plus courageux ont ouvert les yeux ce matin le soleil brillait déjà intensément mais le vent frais du matin soulevant le sommet des grands pins, … je m’égare, ce vent donc soufflait encore mais il chassait les dernières traces de brouillard qui au lever du jour enveloppaient Golihnac et ses environs. Le petit déjeuner était servi dans les bungalows de Christine et Joëlle et d’aucun venait reconstituer les réserves d’énergie nécessaires à une bonne journée de marche. Oui la journée s’annonçe bonne mais surtout c’est la dernière. Il règne dans la petite troupe qui se met en marche un état d’esprit étrange, chacun ressent la fin proche et si la fatigue nous fait espérer une fin précoce, le fait de savoir que l’on va se quitter voudrait que le séjour continue encore.

 

 

 

 

Le rythme de la marche est plus proche de celui de la marche funèbre de Berlioz que de celui du Boléro de Ravel. Nous marchons plutôt sur les sommets de ces petites montagnes et nos yeux balayent des vallées dans lesquelles la végétation printanière déborde de vie et se développe intensément. Le ciel est d’un bleu total et il y a toujours ce petit vent latéral qui nous encourage à marcher encore plus vite et encore plus loin. Le petit chemin débouche alors sur une route goudronnée qui nous pénétrer dans Espeyrac où nous faisons une pause un peu plus soutenue sur la place de l’église quand onze heures sonnent au clocher. Après avoir fait se relâcher nos muscles, que les poumons aient repris une ventilation normale et que notre estomac soit correctement rempli nous pouvons repartir en direction de Sénergues où nous retrouvons nos « cuisinières » qui ont encore fait des merveilles pour que nous puissions repartir dans d’excellentes conditions cet après-midi. Il faut, ici, dire un immense merci à Joëlle, Mado et Christine, nos trois cuisinières qui ont travaillé sans relâche pour préparer les repas parfois dans des conditions de confort peu enviables mais qui ont toujours réussi à faire des prodiges et Dieu sait si : « Quand l’intendance va, tout va ! » MERCI et BRAVO pour tout ce qu’elles ont fait.

 

 

 

 

A la fin de notre pique-nique, Philippe Guittart prend la parole et avec quelques mots simples nous explique la symbolique de la coquille St Jacques utilisée par tous les pèlerins depuis la nuit des temps, pendant ce temps Joëlle et Christine distribue à chacun une petite coquille sculptée dans un morceau de bois et Philippe par la bénédiction de chacune de ces coquilles qui se retrouvent autour du cou de nos pèlerins de la semaine. Philippe et Joëlle nous quitte pour redescendre sur Narbonne alors que nous prenons la direction de Conques. A la sortie de Sénergues, dans un sous-bois lardé d’éclats de soleil nous devons franchir une montée qui nous « explose » partiellement et qui achève le phénomène digestif si tant est qu’il ne le fut point auparavant. Notre peit groupe avance convenablement et nous finissons par arriver au sommet de ce plateau qui nous rapproche encore un peu plus de notre point final. Nous empruntons de longues distances de ruban asphalté qui chauffe sous le soleil de cette mi-mai et puis nous tournons sur notre gauche pour entrer sur un chemin de terre. Nous demandons à tous un effort de silence, pendant un kilomètre environ il est demandé à chacun de faire silence, de repenser à cette semaine, à tout ce qui a été bien, aux quelques petites chose qui ont mal été, à sa présence ici dans l’Aveyron sur les Chemins de St Jacques, aux paroles des uns et des autres, etc., etc.… A chacun, en son for intérieur, de faire un bilan personnel de ces quelques jours passés ensemble. Et nous partons, si au début cela est quelque peu compliqué pour certains, petit à petit, en s’aidant les uns les autres, cette marche en démarche personnelle s’établit. Si nous constatons que, sans parler, le rythme de la marche est beaucoup plus soutenu, le silence est accepté par l’immense majorité et nous les félicitons de cet effort quand nous arrivons, vingt minutes plus tard, à la fin du chemin.

Certains travaillent pendant que d'autres se reposent…

 

Nous repartons de nouveau sur le bitume pendant un long moment et nous finissons par atteindre la dernière difficulté de notre parcours qui est la descente sur Conques. Au départ ce sentier est très raide et si la déclivité s’atténue les cailloux se font de plus en plus nombreux, il faut faire attention où l’on pose les pieds, il serait vraiment stupide de se faire une entorse, voire plus, à quinze minutes de la fin de notre périple. Et rapidement nous voyons les premières toitures de Conques et nous arrivons au gîte qui nous accueille pour la nuit. Heureux d’en finir, tristes de terminer, il faut se rendre à l’évidence demain nous prenons le bus pour rentrer à Narbonne. Quand nous arrivons au gîte un goûter nous attend et ensuite nous gagnons nos chambres afin de prendre une bonne douche, la dernière de notre pérégrination. Le repas est prévu à 19 heure, quelques uns vont en ville pour faire quelques achats et tout le monde est là pour magner une bonne soupe qui a le mérite, en plus d’être gouteuse, de rééquilibrer notre bilan hydrique.

Après le repas nous nous dirigeons vers l’abbatiale Ste Foy de Conques pour la prière des pèlerins. L’église est pleine, beaucoup de gens sont présents, l’office est dirigé et animé par les Frères Prémontrés de la communauté, une lecture est faite en allemand, anglais et français. Le Frère Cyril, prieur de la communauté appelle les pèlerins qui continuent demain leur chemin pour une étape plus lointaine voire Santiago. Et puis il poursuit en parlant de jeunes pèlerins en marche depuis quelques jours qui viennent de Narbonne et qui terminent ici leur périple, et il appelle les uns après les autres tous les jeunes d’abord et les adultes ensuite pour leur remettre un « diplôme » et ainsi les confirmer dans leur “statut“ de pèlerin. Il n’est pas possible alors de ne pas constater qu’une certaine interrogation, incertitude parcourt le visage de chacun au moment de se lever, de parcourir l’allée centrale de l’abbatiale et d’aller prendre ce diplôme devant autant de monde.

 

En rentrant au gîte certains se sont amusés avec les jeux disponibles mais aussi quelques discussions en petits groupes, le coucher est fixé aux alentours de 23 heure passées, pourtant vers minuit il y avait encore un peu de bruit dans certaines chambres ; il est vrai que demain on ne marche pas et qu’il suffit d’être prêt à 8h15 pour le petit déjeuner.

 

 

 

 

 

 


 

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